Lait infantile : deux enquêtes ouvertes après le décès de deux nourrissons
Après les décès récents de deux nourrissons ayant consommé du lait infantile rappelé par Nestlé, deux enquêtes ont été ouvertes en France. Les autorités insistent sur l’absence d’un lien de causalité à ce stade, mais les investigations se poursuivent.
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Au début de janvier, Nestlé a procédé à un rappel de laits infantiles des marques Guigoz et Nidal dans une soixantaine de pays, dont la France. En cause, une « possible contamination » par une substance d’origine bactérienne, susceptible de provoquer des troubles digestifs, comme des diarrhées et vomissements. Le patron du groupe, Philipp Navratil, a présenté des excuses à la mi-janvier mais certaines ONG l’accusent d’avoir tardé à prendre des mesures.
Mercredi 21 janvier 2026, Lactalis a à son tour annoncé un vaste rappel de lait infantile dans dix-huit pays, dont la France. Selon les ministères de l’Agriculture et de la Santé, ce retrait et celui de Nestlé sont liés à un ingrédient commun soupçonné d’être à l’origine d’une contamination. « Une huile riche en acide arachidonique utile au bon développement des bébés, produite par un fournisseur chinois », précisent-ils.
Lactalis lance un rappel de lait infantile (22/01/2026)
À Angers et à Bordeaux, deux enquêtes distinctes ont été ouvertes après les décès de deux nourrissons ayant consommé du lait infantile rappelé par Nestlé.
Décès d’un nourrisson près de Bordeaux
À Bordeaux, une enquête pénale a été ouverte après le décès, le 8 janvier, d’un nourrisson hospitalisé à Pessac. « Une fois sorti de la maternité, le nourrisson avait notamment été alimenté, entre le 5 et le 7 janvier 2026, avec un lait artificiel de marque Guigoz ayant fait l’objet d’un rappel pour une possible contamination par une bactérie Bacillus cereus », a indiqué le procureur de la République à Bordeaux, Renaud Gaudeul.
Le bébé avait été admis aux urgences le 7 janvier, « la mère ayant constaté des troubles digestifs chez l’enfant », affirme le procureur. Les premières analyses ont établi « l’absence de contamination par la bactérie Bacillus cereus » mais des « analyses complémentaires » ont été demandées afin de rechercher la toxine céreulide qui, présente dans l’huile d’arachidonique, peut-être source de contamination. Une autopsie ainsi que des « prélèvements anatomopathologiques et toxicologiques » ont été demandés par le parquet. Les résultats sont pour l’heure pas connus.
Une enquête ouverte à Angers
À Angers, une enquête a été ouverte en décembre 2025 après la mort d’un nourrisson de 27 jours. La mère a recontacté les enquêteurs récemment pour évoquer une boîte de lait Guigoz donnée à son bébé, a indiqué jeudi Eric Brouillard, le procureur de la ville. La poudre utilisée « appartenait aux lots rappelés de la marque Guigoz » et a été saisie. « C’est une piste sérieuse » mais il est « beaucoup trop tôt pour dire que c’est la piste principale », a souligné Eric Brouillard, qui a saisi « en urgence » un laboratoire.
« Pas lien de causalité » à ce stade
Les autorités rappellent qu’aucun lien direct n’est établi à ce stade des enquêtes. « À ce stade, il n’a pas été mis en évidence de lien de causalité entre la consommation des laits infantiles concernés et la survenue de symptômes chez des nourrissons », précisent les ministères de l’Agriculture et de la Santé. « La conjonction des deux choses n’est pas établie, c’est ça que l’enquête va déterminer », a confirmé Annie Genevard, ministre de l’Agriculture.
L’ONG Foodwatch a annoncé mercredi 21 janvier 2026 porter plainte contre X pour « faire la lumière » sur ces rappels, affirmant que « des millions de nourrissons dans le monde étaient concernés ».
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